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"Faux" du début à la fin ! C'est le type même du "héros" fabriqué par une légende. Né en 1845, Joseph-Samuel Farinet fut à la fois voleur, faussaire, repris de justice. Un faux-monnayeur traqué. Un manipulateur sans scrupules, qui dénonçait ses associés. Un parasite qui s’incrustait chez ses complices, buvait leur vin, profitait de leur lit et de leur femme. Abattu par la police en 1880, il est pourtant devenu avec le temps un véritable « Robin des Bois montagnard » ! |  |
Né près d'Aoste et tout d'abord contrebandier, Farinet s'établit dans le Valais en 1869. Les fausses pièces de 20 centimes se multipliant en 1871 à Martigny, il fut arrêté avec trois complices ( Farinet frappait uniquement des pièces de 20 centimes suisses datées 1850 qu’il distribuait largement à la population locale en échange de nourriture et de protection). Condamné à 4 ans de réclusion, il s'évadait un mois plus tard et ne devait jamais être repris jusqu'à sa mort. Bel homme, beau parleur, offrant volontiers à boire, Farinet plaisait aux femmes et subjuguait les hommes. La population du Valais central, pauvre, méfiante envers les autorités, traumatisée par la faillite récente de la Banque cantonale, le protégeait, l'hébergeait, le prévenait de l'arrivée des gendarmes. Ses pièces, qu'on savait fausses, circulaient quand même. Le personnage était pourtant loin d'être un Robin des Bois : on ne le vit jamais secourir la veuve et l'orphelin ou venir en aide à ses complices, hommes frustes qu'il méprisait. Sa mort suscita immédiatement des rumeurs. Alors qu'il était traqué, affamé, on trouva son corps au fond d'un précipice et les supputations se multiplièrent : chute accidentelle, suicide, balle d'un gendarme ? |
 A lire "Saint Farinet" de Alain Bagnoud | Dès 1880, nous rapporte l'encyclopédie Wikipedia, une Complainte de Farinet était en circulation. Le roman de Ramuz en 1932, le film L'or dans la montagne, avec J.-L. Barrault en 1938, en firent un être pur, épris de liberté, fabriquant des pièces « meilleures que celles du gouvernement » ; il y eut la Société des Amis de Farinet, des spectacles en plein air, des enseignes de bistrots pour entretenir la flamme ; en 1980, le chef du Département valaisan de la justice le traite de « troubadour de la liberté », et un ecclésiastique soutient qu'il est « un ange en paradis ». Il était lui-même plus lucide en écrivant : « Je sais que je suis un homme perdu ». Aujourd'hui encore, la commune de Saillon entretient le mythe. Pour le 150e anniversiare de la naissance du redoutable mais généreux faux-monnayeur réfugié à Saillon, les amis de Farinet ont réalisé l'aménagement d'un parcours initiatique balisé de somptueux vitraux. Le travail artistique a été confié au talentueux verrier de Täsch Theo Imboden. Aujourd'hui, vingt et un vitraux massifs jalonnent la promenade, du pied de la colline de Saillon jusqu'à la plus petite vigne du monde, celle de Farinet |
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vendredi 03 septembre 2010 Fête de Saint Grégoire le Grand |
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